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Dérangeantes confessions d'un chauffeur de taxi

26 Juin 2015 , Rédigé par Thomas DROUART Publié dans #Emploi

Dérangeantes confessions d'un chauffeur de taxi

Il s'appelle Jean-Marc Duferrand mais souhaite garder l'anonymat, nous l'appelerons donc Oscar. Oscar est chauffeur de taxi depuis maintenant 12 ans. Il a accepté de répondre à nos questions, notamment sur la concurrence face au service Uber. Son métier est-il en péril ?

 

Pourquoi le métier de taxi ?

 

Oscar : Déjà, ce n'était pas une vocation. J'ai acheté un Renault Espace II neuf en 1995. Toutes mes économies y sont passées. Pour le rentabiliser, je n'avais que peu de choix : revendre les bijoux de ma femme, mettre mes gosses en pension... J'ai finalement choisi de faire conducteur de taxi. Au black bien sûr, je n'avais aucunement l'argent pour acheter une vraie license. J'ai acheté à un bric à brac un lumineux et je l'ai mis sur le toit de l'Espace, on a commencé à me siffler dans la rue puis j'ai eu des clients.


Une journée type ?


Oscar : Elle commence à 9 heures. Je suis réveillé par le premier appel. Je démarre le compteur kilométrique histoire d'augmenter un peu les revenus. L'excuse des bouchons sur la route marche bien donc j'en profite. Après, je prends mon café et je démarre la voiture. Je fais entre 5 et 6 clients par jour. Je coupe systématiquement le téléphone entre 11 et 14 heures le temps de la pause déjeuner. Je finis vers 16h30 et rentre donc à mon domicile.


Quelles sont vos astuces pour perdurer ?


Oscar : Je ne peux toutes les révéler mais en voici quelques unes. Tout d'abord, quand un client m'appelle, je démarre le compteur et je m'éloigne toujours un peu du client, du genre à une ou deux rues. Là, j'accuse le client de ne pas avoir été précis sur l'adresse puis de me rejoindre. Si c'est une personne âgée ou ayant des problèmes pour se déplacer, c'est le jackpot, la course n'est pas commencée et le compteur peut déjà afficher une quarantaine d'euros !

Ensuite, je remplis toujours le taxi à mon maximum. L'Espace est un sept-places, en tassant, ça fait facilement neuf, ce qui permet d'augmenter les sommes. Je roule aussi toujours 20 à 30 km/h en dessous des limites de vitesse ce qui augmente le temps de voyage et donc la rémunération. Je facture aussi toutes les prestations annexes, comme l'ouverture de vitre à 2 €, le chewing-gum à 3 €, le mouchoir en papier à 2,5 € ou encore la bouteille d'eau à 3 €, 4 € si elle est fraiche. En combinant le tout, on peut arriver à des courses vraiment avantageuses !


Que pensez-vous du service Uber ?


Oscar : Pour ma part, je trouve cela offusquant. On apprend un métier et n'importe qui pourrait l'exercer. De toutes façons, on assiste à tout pleind e phénomène, comme le covoiturage que je trouve dérangeant au plus haut point. On fait du tord aux taxis, on nous enlève nos clients. Il faut donc ruser pour perdurer. De mon côté, j'ai des astuces mais je ne peux pas les dévoiler, surtout sur un blog.


Vous croisez un conducteur Uber, que faîtes-vous ?


Oscar : Je lui tire la langue.


Comment voyez-vous votre avenir ?


Oscar : Je n'en sais trop rien. Pour fidéliser mes clients, je leur propose systématiquement des bonbons ou des chocolats, mais à force, cela représente un coût et j'ai eu écho d'un conducteur Uber qui distribuait même des Ferrero Rocher. Face à cela, je ne peux lutter... J'essaie de rendre l'Espace plus commode malgré ses 20 ans d'âge. J'ai fais remplacer les freins qui ne couinent plus et j'ai rajouté deux ceintures à l'arrière qui étaient cassées depuis quelques temps.

Article n°37

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